Les baobabs de Mayotte
L’île de Mayotte brille tant par sa biodiversité marine que terrestre, comme l’illustre le cas du baobab.
Les baobabs sont de grands arbres appartenant à la famille des Malvaceae, (Bongacaceae étant l’ancien nom). Le nom de genre de ces arbres est Adansonia, qui renferme huit espèces dans le monde. Son aire de répartition se limite à deux continents : l’Océanie (Australie) et le continent Africain. Sur les huit espèces que l’on compte à l’échelle de la planète, six sont endémiques* de l’île de Madagascar, soit les ¾ des espèces. Les deux autres restantes sont le baobab africain et celui d’Australie.
Mayotte est le deuxième territoire au monde en terme de diversité spécifique des baobabs, après Madagascar. En effet, de par sa localisation, elle jouit d’un patrimoine naturel exceptionnel, par les apports du continent africain, à l’ouest, et Madagascar à l’Est.
Les espèces de baobabs sont au nombre de 2 sur notre petite île. Le baobab africain, très commun, se retrouve sur tout le pourtour de l’île, principalement en forêt sèche, à proximité du littoral. En-dehors de cette zone, sa présence est anecdotique. L’espèce malgache est quant à elle beaucoup plus rare, avec seulement deux stations connues à ce jour : à Mliha au Nord-Ouest et à Dapani au Sud-Est.
Baobab africain : Adansonia digitata
Espèce très largement répandue en Afrique, elle possède un tronc gigantesque selon l’âge. A coup sûr, il s’agit là du plus gros arbre de Mayotte, avec une circonférence de plusieurs mètres. Il a un feuillage caduc, passant toute la mauvaise saison (saison sèche : hiver austral) sans ses feuilles. Ses fleurs sont blanc-crème, pendantes de petite taille (comparé à A. madagascariensis), avec des étamines courtes. Elles dégagent une odeur qui peut parfois être considérée comme désagréable. La floraison à lieu à la fin de la saison sèche, en même temps que la réapparition des feuilles. Les fruits sont de taille variable, mais généralement grands, plutôt ovoïdes, plus ou moins sphériques, contenant plusieurs dizaines voire centaines de graines enveloppées par une pulpe blanche plus ou moins épaisse, sèche à maturité.
L’usage principal de cette espèce à Mayotte est avant tout alimentaire pour ce qui concerne ses fruits. La pulpe sèche peut être sucée telle un bonbon, ou en boisson, à consommer de préférence frais (mélange eau, graines entourées de pulpe et sucre). Il est fréquent de voir des traces d’écorçage sur certains baobabs. Ces cicatrices témoignent des prélèvements d’écorce pour la fabrication de cordage. Cette pratique tend à disparaître aujourd’hui.
Aussi, il semblerait que lors d’événements festifs, (mariages, …), les organisateurs prélevaient de l’eau contenue dans le tronc de l’arbre pour en mettre dans la cuisson du riz. Par conséquent, quelle que soit la quantité de nourriture présente, cela suffisait toujours à rassasier les convives.
Le baobab malgache : Adansonia madagascariensis
A Mayotte, Adansonia madagascariensis est communément appelé « baobab malgache », certainement car il n’y a qu’une espèce malgache sur le territoire. Comme précisé plus haut, A.madagascariensis est une espèce très rare, avec seulement deux stations connues sur l’ensemble de l’île. Il fait logiquement partie des espèces protégées par arrêté préfectoral.
A.Madagascariensis se distingue du baobab africain essentiellement par ses fleurs et ses fruits.
De janvier à mars-avril, il se pare de grandes fleurs rouges (d’où le nom de baobab rouge), à l’odeur très agréable. Ses étamines sont très longues, de couleur jaune, couronnées par une anthère brune. Le pistil est également très long, entièrement rose. Les fruits sont beaucoup plus petits, renfermant eux aussi leur lot de graines.
Baobab africain
Voilà pour ce petit tour d’horizon des baobabs de Mayotte!
* Endémique : espèce présente uniquement dans une certaine région du monde. Une espèce dite endémique de Mayotte signifie qu’elle n’est présente dans le monde qu’à Mayotte et nulle part ailleurs.
Waah, tes photographies sont vraiment sublimes! Ces baobabs sont définitivement impressionnants, et ils arborent une certaine grâce vus de près, quand ils sont presque menaçants au loin.
Les bonbons sont-ils couramment consommés, ou uniquement pour des occasions spéciales?
Merci pour toutes ces explications, aussi bien botaniques que culturelles! L’anecdote relative aux mariages est amusante
En fait, je ne sais pas trop comment dire ça. Pour être à peu près clair, on suce la graine entourée de pulpe jusqu’à ce qu’il n’en reste plus puis on jette la graine. Est-ce qu’on peut appeler ça des bombons? Sinon comme pas mal de fruits et légumes, la consommation se concentre essentiellement durant la saison de récolte de chaque plante (mangues, ananas, … Autrement il y a de l’importation de graines de baobab venant d’Afrique, mais elles sont plus raffinées. On les enrobe de colorants et peut-être autres choses encore je ne sais pas. Et c’est surtout consommé par les gamins.Ce qui est récolté est consommé de manière brute, sans transformation (tu casses le fruit et tu consommes ce qui y’a à l’intérieur).
Merci pour les photos!
Je rejoins Flora, très belles photos encore une fois ! Ce sont vraiment des arbres gigantesques ! D’ailleurs, leur côté imposant me fait penser au fromager de Guyane.
Ah la Guyane, un chouette endroit! Bref, les Malvaceae, une des familles les plus représentées à Mayotte avec les Rubiaceae, entre autre. Merci pour les photos.
Je viens de regarder sur Internet : baobab et fromager appartiendraient bien à la même famille !
Ce qui est étonnant dans dans tout ça c’est que le baobab à des fruits ligneux de 5mm voire 1cm? très durs à casser alors que le fromager pas du tout, au contraire, ils s’ouvrent à maturité. Pour l’anecdote, le fromager a longtemps été utilisé (coton contenu dans le fruit une fois sec) pour faire des matelas et des oreillers à Mayotte. Peut-être que cela se fait toujours. Par-contre je ne sais pas si cela se fait dans les autres régions du monde où il est présent.